Publié le 14/08/2009 à 16:25 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Les bédouins, les gitans, les romanichels, les touaregs, les esquimaux… ont une vocation naturelle à se déplacer. Il s’agit souvent d’éleveurs, de chasseurs, de forains ou de commerçants. Ils sont en nombre réduit et vivent dans des zones géographiques en général bien identifiées. Ils font partie intégrante de la population de l’Etat lorsque leurs déplacements s’effectuent essentiellement dans le pays. Dans le cas contraire, un certain nombre de problèmes apparaissent.
Quand plusieurs Etats sont concernés, ces derniers essaient souvent d’empêcher l’arrivée de nomades non désirés. Les moyens les plus couramment utilisés consistent à restreindre les emplacements de campement, à faire payer des droits d’usage multiples, à multiplier les contrôles (sanitaires, de police, fiscaux…) et à imposer la scolarisation obligatoire des enfants.
Lorsque la nationalité est incertaine, les récalcitrants sont souvent expulsés du pays. Ce qui peut conduire à des conflits parfois violents qui opposent les Pouvoirs Publics et certaines catégories de nomades.
Parmi les nomades, de fortes disparités de situation demeurent. Des Etats (comme les habitants) pratiquent une forme de hiérarchisation de ces populations. Certaines communautés de nomades disposent notamment d’une très mauvaise réputation. Elles sont accusées de pratiquer la mendicité, le rapt et le vol. La conséquence est une forme de discrimination envers ces communautés. Les Pouvoirs Publics cherchent alors à décourager leur venue et leur installation dans le pays en pratiquant une forme d’harcèlement permanent. Le but est d’éviter que l’exaspération et la crainte des populations dégénèrent et se transforment en comportements génocidaires.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du livre "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
--
Publié le 14/08/2009 à 16:09 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
"Les Sans-Patries" forment une masse de populations hétérogènes aux nationalités parfois incertaines. Ils sont à la recherche de travail, d’avantages sociaux et/ou de sécurité. Véritables sans domicile fixe, ils se déplacent en fonction des circonstances et de la politique des Etats.
Il s’agit d’immigrés mobiles qui, de génération en génération, perdent progressivement leurs racines. Ils deviennent alors de véritables apatrides à la recherche de terres d’accueil. Ils sont en général urbains et se concentrent dans les très grandes agglomérations.
Toute ou partie de ces populations présentent pour les Etats concernés une véritable opportunité quand il s’agit de trouver de la main d’œuvre disponible pour aider le développement économique, coloniser des territoires ou compenser des déficits démographiques.
Cependant, des pays n’hésitent pas à pratiquer une véritable politique discriminatoire en favorisant des personnes « les plus compatibles avec leur culture ». Ce qui conduit à rejeter les autres types de populations et à empêcher leur venue et leur installation dans le pays.
Les sans-patries sont de plus en plus perçus par les Etats concernés comme étant un risque notamment pour l’ordre (délinquance, fondamentalisme religieux ou politique, travail au noir, communautarisme…) et un coût social pour les finances publiques (régimes sociaux, éducation…).
Jean-Michel Oudjani
Extrait du livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
Publié le 14/08/2009 à 16:04 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Les réfugiés constitue une population dont l’exode dure dans le temps. Elle est dans une situation de
provisoire durable qui se traduit par trois possibilités : retourner dans le pays d’origine -encore faut-il que celui-ci existe et/ou le veuille-, devenir des ressortissants d’un autre pays en acquérant sa nationalité ou accepter le statut d’apatride.
Les réfugiés sont en général victimes de conflits ou de catastrophes naturelles. Ils viennent rechercher dans le pays d’accueil un asile provisoire dans l’attente de pouvoir regagner leur domicile quand les circonstances le permettront.
Lorsque la durée d’établissement se prolonge dans le temps, une partie de ces réfugiés s’installe et vient alors en concurrence directe avec la population locale (travail, achat de biens…).
Les conflits peuvent surgir et se traduire par une montée de la xénophobie et la militarisation des réfugiés (autodéfense). Les risques de guerre civile peuvent devenir importants.
La solution la plus pratiquée dans le monde consiste à expulser progressivement la grande majorité des populations concernées et à faciliter l’intégration d’une minorité dans le pays d’accueil.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du Livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:59 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Dans certains pays, des résidents n’ont pas d’existence légale. Il s’agit des clandestins qui sont des personnes provenant d’autres Etats qui sont entrées volontairement et en fraude dans le pays.
Ils ne disposent pas des titres et des papiers nécessaires pour séjourner dans le pays et bénéficier des mêmes avantages que le reste de la population d’origine étrangère. Ils sont considérés et se considèrent comme étant des hors-la-loi.
Ces personnes vivent souvent en marge de la société. Des Etats tolèrent cependant leur présence et acceptent qu’ils bénéficient de certaines prestations comme notamment l’accès aux soins.
Les clandestins souhaitent mettre fin à leur situation en pratiquant
la politique du fait accompli. Ils sont déjà dans le pays et font partie objectivement de la population résidentielle. Ils essaient de trouver des relais d’opinion capables de peser sur les décideurs. Leur but est de régulariser leur situation et d’obtenir des papiers.
Leur régularisation revient cependant à pénaliser ceux qui respectent les règles, à favoriser les employeurs qui trichent et à alimenter les différentes maffias (passeurs…). Elle a aussi pour effet de faciliter l’arrivée de nouveaux clandestins encore plus nombreux et déterminés (ce que certains ont eu, pourquoi ne l’auraient-ils pas ?).
En l’absence d’emplois et d’aides, et en présence d’une importante répression judiciaire et policière, les flux de clandestins se tarissent naturellement. Ceux-ci ne vont que dans les endroits où il existe le meilleur rapport avantages/inconvénients.
Chaque clandestin a souvent une histoire personnelle douloureuse. Quand il s’agit de groupes entiers voire de milliers d’individus, les Etats interviennent pour mettre fin à cette situation qui contrarie le respect de la loi (le clandestin est volontairement dans l’illégalité) et les principes du « vivre ensemble » (il s’agit d’une population non voulue par la collectivité).
Les situations individuelles mêmes tragiques disparaissent souvent devant la
raison d’état. Il appartient en effet aux Pouvoirs Publics de prendre les décisions (en général d’expulsion) et de les appliquer efficacement (dans le respect de la dignité des personnes) quitte à choquer une partie de l’opinion publique.
L’absence de ces actions de la part de l’Etat peut entraîner mécaniquement une aggravation de la situation (augmentation du flux de clandestins) et se traduire à terme par un accroissement des problèmes. (xénophobie, coût social, pression sur l’emploi…).
Jean-Michel Oudjani
Extrait du livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:53 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Tous les Etats du monde sont confrontés à des courants migratoires internes et externes. Les migrations sont facilitées notamment par:
- les progrès permanents réalisés en matière de transport et d’équipement,
- la diffusion d’images au fort pouvoir évocateur,
- l’existence et l’attractivité de communautés déjà installées,
- la pression d’associations humanitaires dont la pérennité et la justification sont liées à l’existence de ces courants migratoires,
- le manque de projets et de perspectives dans certains pays,
- la différence de niveau de vie,
- les difficultés de « vivre au pays » (insécurité, sécheresse, pauvreté…),
- certains comportements de l’Etat et des Pouvoirs Publics qui peuvent être favorables ou non aux migrations,
- l’intérêt du “ commerce humain” pour différentes maffias,
- une stratégie délibérée de certains pays qui utilisent une partie de leurs populations pour créer des diasporas à l’étranger capables de pouvoir peser sur les gouvernements locaux.
Ces migrations se développent en même temps que le nombre des déplacements occasionnels causés par l’explosion du tourisme et la croissance des activités liées aux transports. Les courants migratoires concernent aussi bien les relations entre les pays (l’immigration) que l’interne (exode rural…).
Les migrations massives de la fin du XXe siècle sont d’ailleurs un phénomène inédit dans l’histoire humaine par leur importance, leur caractère universel et simultané ainsi que par leur objectif. Elles ne visent pas à coloniser des terres peu ou pas habitées. Elles n’ont pas pour but la seule recherche de travail pour faire vivre la famille. Elles s’appuient sur un désir d’installation temporaire ou définitive sur des territoires où :
- une population est déjà installée,
- des problèmes d’emploi et de chômage existent souvent pour la population locale,
- les pratiques sociales du nouveau lieu d’accueil permettent de bénéficier de meilleures conditions de vie.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:50 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
La culture de la migration résulte d’abord de déplacements qui ont eu lieu ou ont lieu à l’intérieur même du pays. Les habitants deviennent mobiles pour différentes raisons. L’exode rural et le développement urbain en sont une illustration. Pendant très longtemps, l’immigration est demeurée un phénomène exceptionnel qui concernait peu d’Etats (essentiellement, les pays neufs comme les USA, l’Australie…).
Dans les années 1960, l’immigration était même confondue avec le passé colonial de certains pays. Elle était alors perçue comme étant la contrepartie naturelle de la décolonisation. Les ex-puissances coloniales supportaient l’arrivée de populaires étrangères qui parlaient la langue de l’ancienne puissance coloniale. La fin du XXe siècle a mis fin à ces visions.
Les migrations sont devenues un phénomène général et mondial qui concerne maintenant un nombre croissant de populations qui recherchent de meilleures conditions d’existence. Elles présentent la particularité d’être avant tout urbaine, multiethnique et multiculturelle.
Pour l’Etat, le phénomène migratoire recouvre plusieurs réalités.
-1 La
migration de peuplement est destinée à accroître la population d’un pays ou d’une zone géographique précise en y attirant de nouveaux habitants. La finalité est la transformation de la population d’origine étrangère en habitants permanents voire en ressortissants de l’Etat. Ce dernier adopte de nouveaux enfants. Ceux-ci abandonnent en échange leurs appartenances anciennes et s’intègrent totalement dans la population de l’Etat.
-2- La
migration d’activité consiste à accueillir des populations étrangères qui viennent temporairement occuper des activités productives et rémunérées. Le fondement est un contrat de travail ou d’activité. La durée du séjour est fonction des conditions d’emploi du pays et de la situation économique. En échange de leurs contributions à l’enrichissement du pays, les travailleurs immigrés profitent des avantages économiques et sociaux de l’Etat et de la société.
-3- La
migration conditionnelle se compose de populations qui viennent résider temporairement sur le territoire de l’Etat. Il s’agit soit de touristes ou de visiteurs, soit de réfugiés dont la vie est notamment menacée par un régime politique, soit encore d’étudiants qui viennent apprendre ou se former dans les écoles et les entreprises du pays. Dès que les raisons de leur venue prennent fin, ces populations retournent dans leurs pays respectifs.
-4- La
migration de confort concerne un profil de population très précis (rentiers, retraités, cadres supérieurs…) qui a fait le choix de s’installer dans le pays pour profiter de sa qualité de vie. La durée de leur établissement peut être relativement longue. Ces immigrés de confort veulent rester des ressortissants de leur pays d’origine avec lequel ils entretiennent souvent des relations continues.
-5- La
migration sociale est le fait de personnes qui viennent rejoindre les membres de leur famille installés temporairement dans le pays et/ou profiter des avantages sociaux et de solidarité. Elle se caractérise par un comportement axé vers la consommation et la mobilité. Cette dernière est fonction notamment de la pression policière : contrôle d’identité, reconduite aux frontières, sanction des fraudeurs… et de l’attractivité des œuvres sociales (revenu minimal garanti, distribution de repas gratuits…).
-6- La
migration politique est organisée par un Etat qui souhaite favoriser l’implantation dans un pays donné d’une population composée d’une partie de ses ressortissants. Le but est de constituer dans le pays visé une minorité influente en quantité voire en qualité pour peser sur les orientations stratégiques, religieuses, idéologiques, politiques, économiques ou sociales.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:45 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Les deux grandes idéologies de la migration
L’immigration agit comme étant un révélateur des visions et des valeurs qui partagent l’opinion publique et la population des pays concernés. Deux grands courants de pensée structurent le débat sur l’immigration.
-1- Les partisans de la société multiculturelle
Ils promeuvent dans leur pays la diversité culturelle et ethnique afin de tenir compte de la réalité du monde. Selon eux, la variété enrichit et favorise le progrès. En outre, il ne faut pas hésiter à accueillir les malheureux et à partager ses richesses avec autrui. Ces partisans souhaitent habiter un pays multiracial et multiculturel à l’image du monde.
Ces personnes sont en fait de vrais militants qui considèrent que le monde est devenu un village global. Les systèmes d’information, les valeurs économiques, les produits et les services proposés, un nombre croissant de comportements, la standardisation et les marques… montrent en permanence des populations entrain de converger vers un même modèle de société.
Comme le monde est naturellement diversifié (culture, sexe, âge, religion, race…) et que les hommes sont égaux entre eux, tous les pays doivent être capables d’accueillir des populations diversifiées. Une convergence des cultures, des religions et des races est en cours qui aboutira à créer un vrai « melting pot » d’où sortiront un Homme nouveau et une civilisation universelle.
Pour réaliser leur idéal, ces militants promeuvent la pratique des quotas (afin que toutes les différences, les races et les idéologies soient représentées), le quantitatif (pour que le nombre d’immigrés représente une part importante de la population), le communautarisme (qui garantit la pérennisation de la diversité), la discrimination positive (qui permet la promotion sociale et la fidélisation), les actions de solidarité et de redistribution des richesses (pour mieux accueillir et aider les nouveaux venus) et enfin l’adoption de lois spécifiques (pour lutter contre le protectionnisme, le racisme et la xénophobie).
Partisans de la mixité culturelle et de la liberté individuelle (Droit à la différence), ils n’hésitent pas à favoriser la mise en place de règles discriminatoires inversées prises au détriment des populations du pays (les natifs) comme des priorités d’embauche, de logement… créant ainsi des frustrations et faisant supporter à toute la collectivité le coût de leur générosité. Bien que minoritaires, ces personnes sont très actives et utilisent la fibre affective de l’opinion publique. Des images au fort pouvoir évocateur (des enfants, des vieillards, des démunis, des familles, des malades…) ont pour but de créer des courants de sympathie ou d’adhésion. L’objectif est de donner mauvaise conscience aux opposants.
-2- Les partisans de la spécificité
Ils considèrent que si le monde est diversifié naturellement, chaque pays ou région possède cependant une personnalité propre qu’il faut sauvegarder. C’est cette personnalité qui contribue à la diversité du monde, donc à sa richesse.
Si la « biodiversité culturelle » disparaît, la mémoire et l’originalité des peuples (des Etats, des communautés…) seront remplacées par un plus petit commun dénominateur qui sera en fait composé de valeurs primaires basées sur l’argent, l’individualisme, le sexe, la violence… Il s’agira d’une véritable et durable régression de la civilisation. En devenant multiculturels et multiraciaux, les pays concernés connaîtront une uniformisation qui sera définie et imposée par les Grandes Puissances de l’époque.
Pour les partisans de la spécificité, si la réalité du monde est globale, la vérité est cependant locale. Il existe des différences très fortes qui sont notamment conditionnées par la géographie, l’histoire et l’éducation mais aussi par le moment et des choix de vie.
Pour eux, le communautarisme n’est pas une garantie d’ouverture aux autres. La pratique montre que toutes les communautés et les cultures ne sont pas égales. Certaines favorisent le repli sur soi, l’exclusion et la violence. Au niveau historique, il ne semble d’ailleurs pas exister de véritable civilisation multiculturelle. Tous les pays qui ont une population composite sont soit des dictatures, soit des sociétés très hiérarchisées et conventionnelles (basées sur des castes, un racisme rampant…), soit sont les deux. La globalisation et le multiculturel favoriseraient ainsi l’autoritarisme et la discrimination sociale.
Pour sauvegarder la diversité du monde et préserver leurs spécificités, des Etats qui accueillent des populations d’origine étrangère optent souvent pour une immigration qualitative et limitée. Ils peuvent ainsi bénéficier sans risque d’apports nouveaux qui les enrichissent et qui demeurent compatibles avec leurs valeurs et leur réalité. L’intégration des populations d’origine étrangère se réalise à travers l’éducation qui est mise en œuvre notamment par l’Ecole, le Service Civique, l’exercice de la Citoyenneté… Il n’existe plus alors de phénomène de communautarisme mais des procédures d’intégration.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution Septembre : 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:17 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Les organisations non gouvernementales (ONG) sont parfois présentées comme étant les principaux concurrents de l’État. Elles interviennent souvent dans des domaines proches des centres d’intérêt de celui-ci. Les ONG sont des formes originales de solidarités qui s’exercent dans des champs d’intervention précis.
Leur légitimité résulte de l’affectif et de l’existence d’une opinion publique. Grâce à leur capacité à susciter de l’émotion et à la faire partager au plus grand nombre, les ONG peuvent capter des flux d’information et financiers.
Pour assurer leur pérennité, ces ONG doivent être capables de créer rapidement de l’adhésion. Elles essaient donc de :
- susciter une communauté d’intérêt autour d’une cause ou d’un objectif précis,
- toucher une cible de personnes disposant des ressources financières ou de capacités d’influence.
- créer une certaine dynamique afin de créer l’illusion d’un mouvement de masse et en croissance,
- promouvoir des messages simples et évocateurs afin qu’ils soient relayés aisément et provoquent des réactions.
Contrairement aux États, ces organisations et les associations transnationales interviennent dans des domaines précis comme l’environnement, la santé, l’humanitaire… Elles ne disposent pas théoriquement du pouvoir de recourir à la force et à la violence physique pour contraindre les États et les personnes privées. Elles utilisent des armes pacifiques comme le boycott, la saisine de tribunaux internationaux…
Sauf de rares exceptions, la plupart d’entre elles sont contrôlées par des superpuissances qui sont d’ailleurs leurs principaux bailleurs de fonds. Leurs choix et leurs capacités d’intervention sont souvent fonction des intérêts de ces bailleurs de fonds.
Les Empires et les Organisations supranationales n’hésitent d’ailleurs pas à favoriser les ONG voire à les utiliser. En essayant de banaliser leur rôle, ils essaient de les transformer en des acteurs normaux des relations internationales au même titre que les États.
Certaines ONG vont jusqu’à procéder à des manipulations de l’opinion publique et à instrumentaliser leurs actions. Leur peur est en effet de disparaître du champ médiatique. Sans accès et visibilité dans l’opinion publique, elle risque de ne plus pouvoir collecter de fonds. Leur survie est alors en cause
Il existe donc des ONG parasites qui cherchent systématiquement la provocation et la confrontation avec des États ou des organisations afin de faire parler d’elles et obtenir des ressources financières de la part de l’opinion publique.
Leur principale action consiste à s’attaquer à la réputation d’États, d’organisations ou de personnalités. La rumeur et la désinformation sont alors des moyens couramment utilisés. C’est une forme de chantage qu’opèrent les dirigeants de ces ONG sur leur cible.
Jean-Michel Oudjani
Extraits du livre : " L'Etat est une Personne" de Jean-Michel Oudjani 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:11 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Les migrations créent des situations complexes qui sont productrices de nombreux paradoxes.
Voici quelques exemples :
- la plupart des immigrés proviennent de pays qui ont acquis leur indépendance en luttant contre des puissances occupantes. Ces pays colonisateurs sont souvent devenus les Pays d’accueil des flux migratoires. Plusieurs décennies après leur indépendance, de nombreux immigrés viennent chercher chez leurs anciens colonisateurs la sécurité, des droits et des avantages qui existaient chez eux du temps de la colonisation.
- ces migrants se trouvent exactement dans la même situation que leurs anciens colons. Ces derniers étaient partis ailleurs chercher du travail, de la richesse et une meilleure qualité de vie. Au moment de l’indépendance et bien qu’ils étaient souvent intégrés à la population, ils ont dû quitter une terre où la plupart étaient nés. Ils ont souvent abandonné tous leurs biens et le fruit du travail de plusieurs générations. Ils sont retournés dans le pays de leurs ancêtres et/ou de leur culture. Ce qu’ils ont vécu va se reproduire tôt ou tard et concernera les nouveaux immigrés. L’Histoire abonde d’exemples de ce type.
- des migrants se plaignent souvent de leur vie dans le pays d’accueil. Pourtant, ils procèdent ou auraient certainement procédé de la même façon si les rôles avaient été inversés. Il est d’ailleurs courant de voir des immigrés réclamaient des droits et des avantages dans les pays d’accueil alors qu’ils ne les accordent pas chez eux à leurs propres étrangers ou à leurs minorités.
- l’immigration peut conduire à la paupérisation d’une partie croissante de la population locale. La pression sur les salaires et les demandes d’aides multiples (logement, scolarisation…) défavorisent en général les ressortissants les plus faibles. Ces derniers se trouvent en concurrence et obligés de partager avec les étrangers les œuvres sociales et les actions de solidarité. En outre, les migrants se regroupent souvent par appartenances et/ou affinités. Ce qui leur permet de disposer de capacités d’influence, de formes originales d’entraide et de « coloniser » certains lieux. La conséquence est un mal être durable des
natifs qui s’exprime à travers des actes et des propos xénophobes ou à caractère raciste.
- la cohabitation de ressortissants étrangers issus de cultures et/ou de nations différentes peut conduire à transposer dans le pays d’accueil certains conflits. Des affrontements entre « communautés » ont alors lieu et conduisent parfois ce pays d’accueil à se trouver mêlé à des problèmes qui ne le concernent pas.
C’est dans ce contexte complexe, versatile et très affectif que les Etats doivent vivre et intervenir. Les dimensions intérieures et internationales peuvent se trouver très imbriquées. Elles rendent difficile la recherche de solutions satisfaisantes pour tous.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du Livre "Eléments Constitutifs de l' Etat" de Jean-Michel Oudjani Parution : Septembre 2009
Publié le 14/08/2009 à 15:05 par theoriedeletat
THEORIE ET PRATIQUE DE L'ETAT
Jean-Michel Oudjani
Le territoire et la population ont toujours constitué une préoccupation permanente des Etats. Ils fournissent notamment la richesse et les soldats qui sont indispensables pour assurer la survie du pays.
Dans les pays démocratiques, la souveraineté populaire a donné un nouveau statut à la population en la transformant en « souverain ». L’Etat se trouve dans une situation particulière. La population devient pour lui à la fois un moyen mais aussi une Autorité. Le choix des dirigeants, leurs comportements et leurs politiques vont alors être conditionnés par les attentes exprimées par un Souverain qui possède une approche relative et versatile du bien commun.
Les XIXe et XXe siècles ont apporté une profonde mutation des éléments constitutifs de l’Etat.
-1- la planète terre devient une vraie copropriété qui nécessite le respect de règles communes qui restent à être définies.
-2- des courants migratoires déstabilisent la composition sociologique de nombreux pays. Les natifs se trouvent confrontés à des populations de cultures différentes et aux aspirations multiples.
-3- tous les pays atteignent un nombre de population inégalé dans l’histoire. En moins de deux siècles, le monde a eu plus d’habitants que pendant le cumul de plusieurs centaines de milliers d’années.
-4- il n’a jamais existé dans l’Histoire de civilisation exclusivement urbaine. Le développement des méga-agglomérations est notamment porteur d’interrogations multiples et de défis pour tous les Etats du monde.
-5- la Nation n’a pas remplacé l’Etat dans les relations internationales. Le nombre de ces Etats demeure toujours limité. Tous les essais de constitutions d’Empires ou de puissances supranationales ont été des échecs dès lors où ils se construisent contre la réalité des pays et la destinée des Etats.
-6- les Etats sont comme les êtres humains. Ils disposent de droits fondamentaux et inaliénables que les idéologies et les groupes d’intérêt ont essayé de nier. Cependant, tous les Etats ne sont pas égaux. Ceux qui ne disposent pas d’une vraie légitimité et d’une destinée sont appelés à disparaître.
-7- si l’Etat est permanent, le Souverain ne l’est pas. Tous les Régimes politiques actuels sont temporaires et ont été imposé par l’emploi de la force. Le Souverain passe, l’Etat demeure.
-8- le Pays Réel et le Pays Légal sont en compétition permanente. La domination durable des mêmes Elites conduit toujours à l’appauvrissement de l’Etat et des collectivités publiques. Pour masquer leurs échecs et sauvegarder leurs intérêts, ces élites vont systématiquement promouvoir l’adhésion à des Empire ou à des organisations supranationales.
-9- le Pays Réel recherche constamment la sécurité, la reconnaissance et le sens. Il alterne des périodes d’ouverture au monde et de tolérance et d’autres plus axées vers le repli identitaire et l’indépendance.
-10- une gestion réussie du territoire prend toujours en compte la géographie, les trois dimensions du temps que sont le court/moyen/long termes ainsi que les multiples formes de l’espace (souterrain/aérien/terrien, réel/virtuel…).
Dans un contexte relatif et évolutif, les « vieux pays » peuvent toujours s’appuyer sur leur Histoire pour trouver des solutions adaptées et durables. Leur principale préoccupation consiste à repérer les bons dirigeants capables de bien les gouverner et surtout à leur donner le pouvoir.
Les autres pays recherchent des solutions à travers l’adhésion à de nouveaux Empires, la constitution d’organisations supranationales mais aussi dans des visions religieuses et les utopies idéologiques. Certains pays auront la chance d’avoir une succession de dirigeants capables de les transformer durablement en de vrais Etats. Les autres disparaîtront naturellement du paysage international comme bien d’autres avant eux.
Les sept règles fondamentales rappellent que l’Etat n’est pas qu’une organisation administrative ou une entité politique. Il est d’abord une Autorité porteuse d’une destinée. A ce titre, il doit être Souverain vis-à-vis des autres puissances, donc libre.
Cette Liberté se nomme Indépendance. Elle n’est ni l’autarcie, ni l’affirmation d’un égoïsme. Elle est simplement l’expression d’un fort désir de vie et une aspiration à l’épanouissement de talents collectifs et individuels.
L’Indépendance est ce droit inaliénable qui permet à tout un peuple de se forger librement un destin et de développer une spécificité. Leurs actions contribuent d’ailleurs à enrichir le bien commun de l’humanité. La contrepartie naturelle de ce droit est la responsabilité.
Les ennemis de l’Indépendance des Etats s’opposent aussi à la liberté des personnes. Il n’existe en effet aucune différence de nature entre l’individu et le collectif. Tous les deux ne sont que des aspects différents d’une même réalité.
Chaque être humain est en effet un individu mais aussi un être social qui appartient à une collectivité.
Jean-Michel Oudjani
Extrait du Livre : "Eléments Constitutifs de l'Etat" Jean-Michel Oudjani Parution Septembre 2009